#1-1-20 : Joyce

IMG_2028

Alors que ma relecture d’Ulysse plane encore sur mes lectures, j’ai décidé de débuter l’année avec Finnegans Wake. On pourrait se demander si c’est bien raisonnable, si j’ai récupéré suffisamment de neurones. Cependant, je ne peux que constater la difficulté à m’intéresser à des livres plus banals. Hormis ma relecture de New York Odyssée, mes autres lectures ont toutes tourné au fiasco : après le feu d’artifice d’Ulysse, je m’ennuie. J’ai donc décidé de soigner le mal par le mal (et d’en profiter pour sortir un livre de ma PAL).

Et ça fonctionne ! Finnegans Wake est à la fois épuisant et jubilatoire. Épuisant parce que ce livre demande une attention totale et permanente, sans compter que je dois toujours, à un moment ou à un autre, me référer au wiki dédié quand un passage est vraiment trop brumeux (même si ce qui me pose problème n’est pas nécessairement ce qui est expliqué). Si ne pas tout comprendre est normal, ne pas comprendre sur plusieurs lignes revient à se faire larguer.
Jubilatoire, parce que le travail de Joyce est stimulant, inventif, qu’il renouvelle la langue, qu’il fournit des devinettes non-stop, qu’il oblige le lecteur à être actif. C’est un livre qui se lit à l’oreille ; on comprend beaucoup ainsi. C’est aussi une expérience de littérature comme j’aimerais en vivre plus souvent. Je serais prête à ne lire que douze livres dans l’année si chacun d’entre eux m’apportait un tel plaisir.

J’ai rapidement abandonné la préface qui fait tout pour vous dégoûter du livre (et, franchement, je pense que n’importe qui le tenant en main sait bien que ça va être rude, pas la peine d’en rajouter). Je regrette aussi que le livre soit généralement taxé d’illisible car ce n’est pas le cas. Autant il me semble difficilement traduisible (j’avais d’ailleurs abandonné la VF au bout d’une page et demi il y a quatre ans tellement c’était un charabia indescriptible), autant il fait sens. La langue est un agrégat de plusieurs langues et lire FW c’est d’abord le déchiffrer : amateurs d’énigmes, ce livre est un régal !

Je m’étais donné dix-sept jours pour en venir à bout. Cependant, vu le temps que j’y passe en étant en congés, je crains que la reprise du travail ne m’empêche de maintenir le rythme. Peu importe, si ce n’est que pendant ce temps mes réservations de la bibliothèque pourrissent sur pied et que je ne suis pas sûre de résister à ce déferlement de mots pendant un mois entier (surtout que janvier s’annonce très chargé par ailleurs).

Au moins, mon bilan de janvier sera rapide 😉

 

Non-bilan : le retour

plage_hotel

L’an dernier, j’avais terminé l’année sur les genoux et mon billet de « non bilan » en fut le témoignage pudique. 2019 a été dans la lignée de fin 2018, en version douze mois. Cette année, j’ai mis fin à mes lectures exploratoires avec novembre puisque décembre est consacré à des relectures, et ce fut plutôt libérateur. Être en terrain connu s’avère réconfortant quand la vie est instable ; c’est une expérience que je recommande.

Bien qu’ayant lu quantité de bouquins inutiles, 2019 m’aura aussi offert de vraies pépites, certaines plutôt attendues, d’autres de pures découvertes. Vous en trouverez la liste sur mon compte Twitter en tweet épinglé, à l’exception des relectures.

oOo

Mes projets pour 2020 :

  • en termes de blogs

Je souhaite parler de mes lectures différemment et, après avoir longtemps cherché ce qui pourrait me convenir, je pense y voir plus clair. Je me rends compte que souvent je n’ai pas forcément envie de présenter le livre en général mais plutôt d’évoquer ce qui m’a précisément marquée (en bien ou en mal), quitte à faire l’impasse sur le reste afin de ne pas écrire un billet trop long. Je ne sais pas si cela pourrait intéresser mes visiteurs mais surtout je crains d’être trop personnelle, d’où mes stratégies d’évitement depuis des années. Je reste donc encore perplexe ; je vais me tester, relire X fois un billet avant publication pour m’assurer ne pas trop me dévoiler et on verra si c’est tenable. Cela signifie aussi que, plus que jamais, je ne chroniquerai que ce qui m’inspire une réflexion. Les bilans mensuels devraient perdurer ne serait-ce que pour moi, que j’aie l’occasion d’écrire quelques mots sur chaque lecture afin d’en conserver une trace.

  • en termes de littérature

Comme toujours, je déborde de projets ! Les livres ont cet effet stimulant sur moi ; c’est parfois éreintant mais c’est surtout une joie inépuisable.
Pour 2020, ma principale orientation consistera à m’attaquer à des bouquins qui sont sur mes listes depuis des temps immémoriaux et/ou qui font partie de la culture littéraire que je tente d’acquérir années après années. Parmi eux, L’Enéide, Les fous de bassan d’Anne Hébert, Retour dans la neige, la trilogie USA de Dos Passos, Le théâtre et son double, Paradis perdu, etc. Je démarrerai l’année avec un sérieux candidat qui devrait monopoliser mon mois de janvier.
Plein de petits projets se grefferont sur ces lectures et je me réjouis d’avance des plaisirs à venir. Je referai de décembre un mois de relectures.
Enfin, j’ai pour ambition de continuer à bien descendre ma PAL historique (idéalement, je voudrais arriver à dix livres – ça va être chaud !)

oOo

A très bientôt en 2020 pour de nouvelles aventures !

(et, si j’arrive à me mettre d’accord avec moi-même, je publierai une liste de mes meilleures lectures de la décennie sur Twitter le 31/12)

 

 

Suivi des relectures #3 – Joyce, Fowler, Jansma

New York Odyssee - Kristopher Jansma

J’ai terminé Ulysse vendredi matin. Ce fut à la fois un soulagement et un serrement de cœur. Si j’ai parfois souffert, c’est autant à cause de mauvaises conditions de lecture (franchement, attendez des congés pour lire ce bouquin car il faut être totalement disponible mentalement et pas trop HS physiquement) qu’en relation avec la difficulté du livre. J’ai revécu presque exactement les mêmes expériences que la première fois : les chapitres « pénibles » furent les mêmes notamment. En revanche, j’étais beaucoup plus alerte cette fois-ci, repérant les correspondances entre les chapitres, me souvenant de personnages mineurs évoqués à trois chapitre d’intervalle, etc. Depuis la fin de ma lecture, je me sens orpheline et j’éprouve l’envie de feuilleter le roman plusieurs fois par jour ; il m’habite et nos rendez-vous quotidiens me manquent. Sans revivre la panne de lecture de 2015, je sens bien que j’ai du mal à trouver mon compte dans les autres livres auxquels il manque toujours quelque chose.

oOo

Nos années sauvages fait particulièrement les frais de cette mini-débâcle : sans Ulysse en parallèle, il me paraît banal – une histoire forte, des personnages émouvants mais pas assez extraordinaire pour mériter mon admiration.

oOo

Libérée d’Ulysse, je peux réellement lire à nouveau deux livres en parallèle ; j’ai donc démarré ma relecture de New York Odyssée (on n’en sort pas ;). C’est un roman dont je gardais un formidable souvenir… très flou. Je n’avais pas écrit de billet et j’étais incapable d’en parler (ce qui est d’autant plus frustrant quand on veut donner envie de lire un bouquin).
Il m’a suffit de lire le prologue pour être à nouveau sous le charme. J’en ai à peine lu 100 pages (sur 600 en poche) et je suis déjà accro (et certains personnages m’agacent toujours autant que la première fois). Il faudra que j’écrive un billet, d’autant plus que je n’ai que rarement croisé de chroniques sur ce roman. Sauf erreur de ma part, il rejoindra la liste de mes 100 meilleurs livres ; c’est une petite merveille.

Je doute arriver à lire les deux autres livres à mon programme d’ici le 31 décembre. Sur le principe, ce ne sera pas grave si je déborde sur 2020 ; en revanche, j’ai déjà un bon morceau de PAL pour janvier donc ça va être chaud à gérer. Espérons que l’effet vacances va m’aider à accélérer le mouvement.

Je publie prochainement la liste de mes meilleures lectures de l’année et, si possible, les meilleures de la décennie qui s’achève.
Enfin, je reviendrai sur mes projets pour 2020 concernant les publications sur le(s) blog(s), maintenant que je cerne mieux mes envies.

%d blogueurs aiment cette page :