Lectures estivales 2019 : le bilan

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Après l’été que je viens de passer, je me demande s’il est très pertinent de faire un bilan de ce projet du 10 Books Of Summer et, plus largement, de mes lectures des trois derniers mois.

Sur la pile présentée ici, j’ai lu Le livre du thé, The Recovering (grande fierté d’en être venue à bout) et Through the Looking-Glass. J’ai switché le Discours sur la servitude volontaire par Des délits et des peines (même collection). Ce sont invités Le Guépard, un pilier de PAL, et Les enfants de Hansen de mon projet européen. J’ai abandonné le récit sur l’enfance indochinoise de Tournebize (mais ma mère, à qui je l’ai légué, l’a lu avec plaisir). J’ai également repris et avancé le Journal de Charles Juliet sans pour autant l’avoir encore fini. La vieille sirène que je n’ai pas ouvert ré-intègre ma PAL, surtout parce que c’est un livre difficile à trouver et que je ne veux pas y renoncer sans garantie de pouvoir lui remettre la main dessus. J’éjecte donc les nouvelles de Zsuzsa Bank et les Entretiens avec Fabienne Verdier, deux livres déjà amplement « grignotés » au fil des années mais n’arrivant pas à me passionner pour que j’aie envie de les conserver. Ma PAL compte donc à ce jour une petite trentaine de livres. Tous les livres entrés au cours de l’été (achats, étagère à livres, cadeaux d’anniversaire, SP) ont été lus.

Quant à mes emprunts en bibliothèque, ils ont été marqués par la fermeture de la médiathèque principale pendant deux mois : j’ai emprunté un peu n’importe quoi juste avant, ce que j’ai pu trouver en biblio de quartier pendant et, encore une fois, un peu n’importe quoi à la ré-ouverture… Au final, j’ai lu la plupart des ouvrages figurant dans la PAL initiale (6/11 – en fait, les six du haut de PAL sur la photo).

Outre Le rivage des Syrtes, j’ai relu Le Grand Meaulnes.

Chiffres : 60% des livres étaient écrits par des femmes. J’ai lu deux romans d’Olga Tokarczuk dont un est un coup de cœur total ; deux polars aussi de Françoise Guérin que je connais déjà bien (y compris en tant que nouvelliste).
La moitié de mes lectures étaient d’auteurs jamais lus auparavant. En définitive, il y a eu beaucoup de diversité dans tous les sens possibles, surtout parce que j’ai lu un peu à vue mais je me suis aussi laissée séduire par des recommandations bienvenues.

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Mon été a été à l’image de cette année : des choix et des non-choix, beaucoup de livres optionnels avec quelques pépites planquées au milieu et pas toujours où je les attendais. Je suis surtout fière d’avoir sorti quelques titres de la PAL, en particulier Le Guépard qui y prenait racine.

Septembre est très poussif. Je viens de passer quinze jours dans une panne de lecture démoralisante au possible mais je me remets doucement en piste, grâce notamment à un coup de cœur récent donc je parlerai prochainement. Je publierai aussi une ébauche de PAL pour octobre.

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Bilan d’août

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Si à titre personnel j’ai pas mal ramé ce mois-ci, sur le plan de mes lectures un renouveau est apparu passé le 15 août.  Après des semaines de tâtonnements décevants, des livres d’anniversaire ont trouvé leur chemin jusqu’à moi et ont ressuscité la lectrice, voire l’ont couverte de paillettes miraculeuses tant mes lectures ont été, à partir de là, globalement bonnes. Ajoutons que j’ai ouvert mes horizons européens et continué à grignoter ma PAL historique (à ce rythme, je n’aurais bientôt plus rien à lire – non je déconne).

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Lectures européennes

France –
Savoir-vivre, Hédi Kaddour
Le grand Meaulnes, Alain-Fournier : une relecture décevante (c’est rarissime) qui a démontré que le passage du temps n’a pas réussi à l’ouvrage (ça a très mal vieilli), ni à la perte de mon innocence. Là où j’avais été émerveillée vers 11 ans, je n’ai vu que gamineries et grosses ficelles. Cela me fait un peu de peine mais j’aime autant avoir fait cette actualisation que de continuer à percevoir ce livre sous un angle révolu.
Cherche jeunes filles à croquer, Françoise Guérin : second volet des enquêtes de Lanester, cette lecture m’a secouée plus que je ne l’aurais voulu. On peut compter sur la formation de l’autrice pour nous plonger dans les méandres les plus noirs de la psychologie humaine. J’écrirai un billet sur la série quand j’aurai lu le troisième (et dernier à ce jour) volume, ainsi que relu le premier car cela date considérablement et mon billet d’époque ne m’évoque plus rien de concret.
Marcher jusqu’au soir, Lydie Salvayre – avis à venir
J’ai également publié mon billet sur Civilizations de Laurent Binet, lu le mois dernier #RentréeLittéraire

Italie –
Des délits et des peines, Cesare Beccaria *PAL estivale, en remplacement du Discours sur la servitude volontaire de La Boétie dont l’ancien français m’a tannée*
Le Guépard, Giuseppe Tomasi di Lampedusa *PAL historique*

Monténégro – Les enfants de Hansen, Ognjen Spahic – avis à venir PAL historique

Pologne – Sur les ossements des morts, Olga Tokarczuk

Russie –
Les hommes d’août, Sergueï Lebedev – avis à venir en septembre #RentréeLittéraire
Le violon de Rothschild, Anton Tchekhov (who else ? 😉 ) : une nouvelle un peu édifiante mais racontée de telle façon que cela reste touchant à lire. Un homme, au soir de sa vie, se rend compte qu’il est passé à côté des choses essentielles. Thème banal mais traité avec une certaine finesse et originalité.

Suède – Les nuits de la Saint-Jean, Viveca Sten : polar trouvé en boîte à livres. Je connaissais l’autrice de nom mais sans plus. Le début m’avait séduite par l’esprit féministe qui se manifestait de façon subtile mais sensible. En outre, les personnages centraux (et apparemment récurrents) m’ont plu d’office. Malheureusement, l’intrigue ne casse pas des briques : les indices sont gros comme des maisons ; j’ai lu ce bouquin vautrée sur un transat en bord de piscine, donc avec au maximum deux neurones actifs, et j’ai repéré toutes les perches, les fausses pistes, etc. J’étais effondrée chaque fois que mes suppositions étaient validées.

Suisse – Les besoins artificiels : comment sortir du consumérisme, Razmig Keucheyan – avis à venir en septembre #RentréeLittéraire (indice : flop).

 

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Autres lectures
A la recherche d’Alice Love, Liane Moriarty (Australie) : comme tous les livres de l’autrice, ce n’est pas de la grande littérature mais il y a toujours un aspect qui fait réfléchir et qui m’incite à revenir vers Moriarty (seulement en vacances quand même). Suite à une chute, l’héroïne a un trou de mémoire qui s’étend aux dix dernières années. Elle se croit donc à la veille de ses trente ans et tout juste enceinte de l’homme qu’elle aime comme une dingue. Or elle est à la veille de ses quarante ans, a trois enfants et est séparée de l’amour de sa vie. Ce livre m’a incitée à m’imaginer dans la peau d’Alice : est-ce que j’y perdrais à zapper de mes souvenirs les dix dernières années de ma vie ? Comment la Flo d’il y a dix ans jugerait celle que je suis devenue ? En quoi ma vie aujourd’hui est meilleure et/ou pire que ce que j’avais imaginé et que celle d’il y a dix ans ? J’ai beaucoup aimé m’interroger, repérer les nœuds, les bonnes et les moins bonnes nouvelles et essayer d’en tirer des enseignements.

The Recovery, Leslie Jamison (Etats-Unis) *PAL estivale* : ce livre est à la fois un essai et des mémoires sur l’alcoolisme. Si c’est intéressant, c’est aussi assez redondant et pas mal fouillis. Surtout, je ne recommande pas de le lire en anglais (le livre n’a pas encore été traduit) car c’est assez indigeste par moment sur le fond et devoir, en prime, faire un effort linguistique finit par être usant sur la distance (450 pages imprimées en minuscules caractères). En résumé : intéressant mais il faut être sacrément motivé.e, même en VF quand elle paraîtra. De Jamison je recommande plutôt ses Examens d’empathie (Livre de poche) et je projette de lire l’an prochain son dernier essai en date (je ne sais plus de quoi ça parle mais peu importe car j’aime son approche).
Sur le même sujet, notez que L’Ecart d’Amy Liptrot est paru en poche.

Vi, Kim Thuy (Canada) : Je n’avais pas relu l’autrice depuis son premier roman, Ru, beaucoup aimé. Il m’avait semblé, à lire les résumés, que ses romans suivants répétaient le premier ; je n’ai donc pas lu son second. Et puis, une disette de lectures dans une bibliothèque assoupie d’août m’a incitée à me laisser tenter par ce troisième titre et j’ai bien fait. On y retrouve la délicatesse du style, la pudeur, la soif de vivre et l’envie d’aller de l’avant. Vi subit sa culture d’origine (vietnamienne), à travers sa mère en particulier, et ne sait pas toujours vivre pleinement selon le mode occidental en saisissant la vie à bras le corps. Malgré tout, elle s’en sort bien (à mon sens) : pas hyper volontariste mais pas passive non plus, pas dans la provocation mais choisissant de vivre sa vie et non de se contenter de la place que l’on voudrait lui allouer. La fin ouverte est particulièrement réussie.

La douceur de nos champs de bataille, Yiyun Li (Etats-Unis) #RentréeLittéraire. Ayant lu les autres livres de l’autrice, je ne pouvais résister à chroniquer cette nouveauté, même si nous sortons d’Europe.

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Dans mon bilan de juillet je n’étais guère optimiste sur le mois d’août qui s’annonçait : je suis heureuse de m’être trompée. J’ai eu quelques excellentes lectures et un coup de cœur qui écrase un peu tout le reste avec le roman d’Olga Tokarczuk. Cela m’a considérablement aidée à reprendre confiance, aussi bien dans ma capacité à lire des livres qui nécessitent plus de deux neurones que dans celle à me tourner vers ce qu’il me faut.

Du côté de ma PAL estivale, ça avance lentement mais sûrement. Il me reste quatre livres de la sélection initiale (et je crains d’en lire au mieux un d’ici le 21 septembre, sauf à faire un échange avec d’autres titres de ma PAL historique. Mine de rien, cette année, j’ai lu DIX livres de ma PAL historique, ce qui est exceptionnel).

Enfin, je suis en train de réfléchir à une mise à jour de ma liste des 100 livres préférés. Comme je vais relire certains bouquins lors de mon mois de relecture en décembre, je ne toucherai rien d’ici là mais je commence quand même à cogiter pour pré-sélectionner ceux qui risquent de céder leurs places.

J’avoue n’avoir aucune idée de la façon dont la fin de l’été s’annonce. Certes j’ai une pile de la biblio assez fournie mais pas nécessairement représentative de ce que je vais réellement lire. Je n’ai pas non plus de projets particuliers mais je reste optimiste.

Bilan de juillet

Juillet lecture

En début de mois, je suis partie quelques jours à la mer avec au programme plage, farniente et lecture. Le reste du mois, je suis restée soit sur du court, soit sur du facile et j’ai donc lu pas mal de bouquins très moyens. Malgré tout, j’ai eu un coup de cœur, une très belle rencontre et un grand plaisir de relecture.

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Lectures européennes
Espagne – Belle et sombre, Rosa Montero : une petite fille est retirée de l’orphelinat par sa grand-mère. Sa mère est morte, son père absent (en prison en fait), est l’objet de tous les fantasmes. Une tante, un oncle (le frère du père) et leur fils complète la famille. Rosa Montero évoque l’enfance dans un quartier populaire, la violence, l’imaginaire, ici fortement nourri par la naine Airelai. Si j’ai compris le projet de l’autrice, je n’ai pas adhéré au récit.

France –
A l’enfant que je n’aurai pas, Linda Lê
Mordre au travers, Virginie Despentes
Le rivage des Syrtes, Julien Gracq (lien vers mon billet de 2005 – actualisation rapide ici en fin de billet).
Civilizations, Laurent Binet (billet en août – Rentrée littéraire)

Grande-Bretagne –
Lanny, Max Porter (lu en VO – parution VF en août)
Dirty week-end, Helen Zahavi
Expectation, Anna Hope (lien vers un commentaire libre, pas un billet formel)
Through the Looking-Glass, Lewis Carroll : dix bonnes années après avoir lu Alice’s adventures in Wonderland, j’ai enfin réussi à venir à bout de la suite, encore plus barrée (d’où mes difficultés à accrocher). Clairement, il faut être dans l’état d’esprit adéquat pour embarquer, ce qui était partiellement mon cas. Ce genre de lecture me change de mes habitudes et il y a une grâce enchanteresse dans l’univers de Carroll dont j’aimerais poursuivre l’exploration. *PAL estivale*

Irlande – Les fureurs invisibles du cœur – John Boyne

Russie – Tchékhov était encore au programme avec une nouvelle et une poignée de courtes pièces. Les dernières m’ont confirmé que je n’aimais pas vraiment l’auteur en dramaturge ; j’ai vraiment du mal à accrocher à l’esprit qui sous-tend ses pièces, quel que soit leur style (drame, farce, etc.)

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Autres lectures
The Silence of the Girls, Pat Barker (non traduit en français à ce jour) : le livre est présenté comme une réécriture féministe de Troie grâce à une narration assurée par Briseis. Malheureusement, ce n’est pas aussi prometteur que cela en a l’air. Tout d’abord, le fond est d’une qualité très inégale (et jamais exceptionnelle) et l’autrice ne nous épargne pas quelques incohérences. Ensuite, la narration est bancale. Pat Barker n’arrive pas à évacuer Achille du centre (elle le reconnaît ouvertement à un moment via Briseis). Ainsi, le récit connaît des à-coups et des ruptures perturbantes. En outre, si l’autrice fait (apparemment) le choix de ne pas s’appesantir sur les aspects mythologiques (ça manque), il n’en reste pas moins que certains de ses choix manquent de réalisme. Enfin, le style ne casse pas des briques. Malheureusement optionnel.

De si bonnes amies, Amy Gentry

Les sorcières du clan du nord (deux tomes), Irena Brignull : livre jeunesse mettant en scène un clan de sorcières au sein duquel la rivalité entre deux sœurs a donné lieu à un échange de bébé de l’une avec un bébé ivraie (« normal »). Chaque enfant est donc élevé dans un contexte qui ne lui correspond pas. Evidemment, les deux gamines vont se rencontrer. Autant le premier tome m’a bien embarquée, autant le second est poussif. En outre, la traduction est douteuse (exemple : comment peut-on parler de « fraternité » entre des sœurs ?!). Vide la tête, sans plus.

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J’avais certainement fait preuve d’un peu trop d’optimisme quant à mes lectures pour juillet ; la qualité n’a pas été aussi éclatante que prévue.
Notons toutefois l’excellentissime surprise Dirty week-end, découvert sur les tables de ma librairie et le très prenant Les fureurs invisibles du cœur, découvert grâce à Kathel et dévoré comme une morte de faim.

Du côté de ma PAL estivale, c’est un peu la débandade. J’ai abandonné pas mal de bouquins (en même temps, si je ne les avais toujours pas lus, ce n’était pas un hasard et comme je suis dans une période de grand désencombrement, je ne fais pas trop de quartiers). En revanche, j’ai repris ces derniers jours ma lecture de The Recovering (j’en suis enfin à la moitié !)

Août ne s’annonce pas très glorieux. Je n’ai rien de transcendant dans ma PAL de la biblio, deux petits polars en provenance de la boîte à livres, encore cinq livres de ma PAL estivale, un livre de la Rentrée qui ne m’emballe pas et que je traîne et un autre intéressant mais étrange. J’attends d’autres SP dont un en particulier dont j’espère beaucoup (je sais que ce n’est jamais une bonne idée mais dans mon état, il faut bien que je me raccroche à cet espoir).

J’espère que vos lectures furent plus enthousiasmantes que les miennes.

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